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Lundi 13 Février 2006

"Bouicha", une tradition culinaire qui se perpétue à Jijel

 

 

 

 

De mère en fille, la préparation d’un plat traditionnel typiquement jijelien, communément appelé "Bouicha", se perpétue toujours dans  cette ville côtière qui s’accroche encore aux us et coutumes laissés par les aïeux. Ainsi, la célébration de la fête religieuse de Achoura qui intervient 10 jours après Awal Mouharam (nouvel an musulman) est accueillie en "grandes  pompes" par un plat populaire dont la préparation requiert minutie et petites  touches exceptionnelles pour plaire aux papilles gustatives.        
 "Bouyecha", un terme pour le moins barbare et aux origines obscures,  est un amalgame de grosse semoule, de dattes sèches dénoyautées et coupées en  deux, d’huile d’olive, le tout mis dans un seau métallique hermétiquement fermé  et mis sur le feu pendant au moins ... huit heures d’affilée, sinon plus,  selon la quantité de la farce.        
 Cette recette ancestrale, véritable "plat de guerre", tant par sa consistance  et sa teneur énergétique est consommée à froid le matin, au petit déjeuner  par toute la famille. Certains préfèrent la panse du mouton de l’Aïd El-Adha  séchée et réservée à recevoir la farce hétéroclite de semoule, huile, dattes  et un soupçon de sel de table, aux lieu et place du récipient métallique.         
Il arrive parfois qu’au cours de la cuisson, le bidon explose sous la  force de la pression et de la chaleur emmagasinée pendant au moins huit heures.  Selon un citoyen natif de Jijel, cette recette serait d’origine... écossaise  et introduite en Algérie, il y a plusieurs siècles, "pour gaver l’estomac des  esclaves affectés aux travaux forcés". Aucun écrit n’est cependant disponible  pour corroborer ou infirmer de telles assertions.         
Recette de grand-mère apprise jalousement par les jeunes filles, "Bouicha"  donne toujours l’eau à la bouche tant son nom est évoqué constamment par les  familles jijeliennes à la veille de la fête de l’Achoura. Pour une famille de  deux à trois personnes, il faut débourser environ quatre cents dinars.

 

 

publié par ibn el bahr dans: jijel

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